Les joies d’être artiste … Et le reste …

Les joies d’être artiste … Et le reste …

Je me rappelle encore, le 23 janvier de cette année, quand je suis allée déposer ma déclaration d'activité en tant qu'artiste à l'URSAFF.

J'avais balisé le terrain avant, en contactant la Maison des Artistes, en me déplaçant aux impôts, histoire d'être sûre que tout cela était bien sécurisé, que je n'allais pas me retrouver avec des tas de choses à payer avant même d'avoir touché quoi que ce soit, ce genre de choses...

Puis, j'avais rempli le fameux formulaire P0I, déclarant par la même occasion mon statut officiel d'artiste professionnel. Il pleuvait des cordes quand je suis sortie déposer l'enveloppe dans la boite aux lettres adéquate, j'étais toute excitée quand la lettre s'est engouffrée dans la fente et dès q'elle a disparu, j'ai commencé à pleurer de manière incontrôlable. Pas de tristesse, enfin, pas vraiment j'imagine mais de soulagement, d'accomplissement, de peur aussi sans aucun doute.

Puis, le temps a passé. Comme vous savez, j'ai des soucis de main et donc une dextérité et surtout une endurance très limitée, et ça dure. Sincèrement, si en janvier, on m'avait dit que je traînerais encore ça en juillet, j'aurais sans doute attendu avant de glisser cette enveloppe dans la boite.

Parce que, comment dire ... Il ne s'est pas passé grand chose depuis. Du moins, pas tout ce que j'avais espéré et projeté.

J'ai malgré tout filmé et mis en ligne un premier cours sur la réalisation d'un journal d'artiste, et ça, j'en suis fière. Je l'ai fait à mon rythme (enfin à celui de ma main) et celles qui l'ont suivi on manifestement trouvé ça plutôt agréable.

J'ai entamé la réalisation d'un second cours, qui sera payant cette fois. Il sera dédié aux techniques d'impression avec la Gelli Plate et est actuellement en cours de montage. Sa sortie est bien entendu conditionnée par ma guérison, sortir un cours payant en étant en AT, c'est pas très réglementaire, même si je sais très bien que j'ai respecté les injonctions médicales en ce qui concerne l'utilisation de ma mimine.

J'ai en projet un autre cours qui tournera autour du tissage ! J'ai commencé à écrire le script et si c'est permis, j'aimerais bien le sortir à l'automne !

D'un point de vue artistique pur, je me suis lancée dans une année de Teabagscape, j'en suis à 35 ! Et j'essaie de produire dans mon journal d'artiste de manière (gros hum hum) régulière ...

En définitive, en me relisant, je me dis que ce n'est pas rien tout ça en réalité. Et qu'il faudrait que j'apprenne à regarder la moitié pleine du verre de temps en temps ...

 

 

Je découvre aussi qu'être artiste, c'est un vrai métier.

On est loin de l'image d'Epinal qu'on peut avoir en tête, de la personne qui retouche par-ci par-là une toile ou qui réfléchi à sa prochaine création. Tout ça, c'est du fantasme.

Etre artiste, c'est avoir de grosses journées de travail et la partie créative n'occupe pas tant de temps que ça. Il y a tous les à-côtés, la partie technique (le montage des vidéos, par exemple, hypra chronophage !), la partie "sociale" (réseaux divers), la R&D (recherche et développement) ... Plus le questionnement, les inquiétudes, la réalité qui nous ramène les pieds sur terre en permanence (Ha bon ? On ne peut pas vivre sans argent ? Juste ne pratiquant sa passion ? Mince alors !).

Je suis quelqu'un qui a besoin de se sentir en sécurité et là, je suis en permanence en dehors de ma zone de confort, ça peut me transporter tout autant que me bloquer, alors, je stagne, j'ose plus, je regrette presque; puis je retrouve de l'élan et je me dis qu'il n'y a qu'en avançant que je verrai où ça me mène.

Je mesure le travail, l'investissement engagés et je suis paralysée à l'idée de ne rien rapporter de tout ça. Bref, vous l'aurez compris, comme dirais ma belle sœur Laly Mille, c'est mon petit démon intérieur qui fait son boulot et qui m'immobilise dans une sorte de status quo bien anxiogène.

Pour l'heure, je vais profiter des vacances qui se profilent pour réfléchir calmement à tout ça et mettre en place un plan d'attaque pour la rentrée ! D'ailleurs, comme on est sans enfants pour deux semaines, l'Homme et moi avons déjà commencé à profiter de petites vacances anticipées le week end dernier !

La créativité demande du courage …

La créativité demande du courage …

... C'est pas Matisse qui aurait dit le contraire, d'autant qu'il est l'auteur de la citation.

C'est très vrai que la créativité demande du courage.

On a tous nos jours sans, pour diverses raisons et il est alors simple de se laisser aller et de procrastiner tranquillement, avec à peine un petit aiguillon de culpabilité. Encore plus quand on travaille à la maison. De chez soi, TOUT peut inviter à se la couler douce ... Le chat qui vous regarde avec son air de "plus mignon du monde - Allez Mémère, viens me gratter la couenne !", le soleil qui caresse votre chaise longue de manière quasi indécente, le frigo ou la boite à goûter qui se prennent pour Kaa le serpent et chantent "aie confiance, pioche en moi", ou encore une bonne grippe qui vous cueille en plein été ! Oui, je suis comme ça moi ! On a 29°C en Bretagne, le truc qui arrive pas si souvent, surtout quand ça dure deux semaines et moi, je choppe une belle grippe, avec une grosse pharyngite en prime pour donner le change ! Ouéééé, trop d'la boule !

Le pire du drôle, c'est que je me sentais bien enrhumée, j'avais mal partout et j'ai mis ça sur le compte de ma PR. Le pire jour, j'ai été prendre le café chez une copine, faire les soldes chez Ikea (on est d'accord, y'a pas de soldes chez Ikea !) et pour finir je suis rentrée en partie à pieds sous un soleil de plomb. Pour être honnête, je me sentais au bout de ma vie mais comme j'ai tendance à ne pas m'écouter, ben, j'ai continué à marcher en me traitant intérieurement de chochotte .

C'est seulement le soir en rentrant à la maison que je me suis décidée à prendre ma température, pour bien me prouver que mes sensations douloureuses étaient exagérées que j'ai vu le 39,8°C affiché ...
Mouais, on avait dit qu'on s'écoutait et qu'on se faisait du bien, non ?

Bref, j'ai ralenti le rythme vous pensez bien mais je me suis astreinte tout de même à peindre un sachet de thé quotidien.

C'est ici que le courage intervient. On est d'accord que ne pas s'écouter, c'est pas du courage mais de l'idiotie, non ?

Parce que l'air de rien, ça m'a demandé du courage de me tenir à produire ce petit "artwork" quotidien, non seulement parce que j'étais mal fichue mais surtout à cause du quotidien. Je suis une personne qui se lasse vite et répéter chaque jour le même geste m'est très vite barbant et rébarbatif. Mais je me suis lancé un défi et j'ai bien envie de le respecter alors, bon gré mal gré, j'ai pris mon courage à deux mains et me suis mise devant le bureau chaque soir. Et chaque soir, j'ai eu la récompense de peindre un sachet de thé que j'ai trouvé beau et d'être pleinement heureuse d'avoir repoussé mes limites en me mettant au boulot. Le challenge, encore et toujours.

C'est ainsi que je comprends cette citation, pour repousser ses limites, il faut se remettre sans cesse à l'ouvrage, qu'il paraisse insurmontable ou ennuyeux; hors de portée ou inintéressant. Ce qui le rendra jouissif, c'est l'intention et la joie de créer qu'on y apportera. Pour tout ce qui paraît irréaliste, on peut juste faire comme si c'est jouable et tenter le coup. Au pire, qu'est ce qu'on risque de toute façon ? Rater ? C'est vrai, et encore, parce que dans la mesure où on aura essayé, on aura appris et progressé et on sera donc plus riche qu'avant de faire le grand saut.

On est gagnant à tous les coups alors !

J'en ai profité pour réfléchir aussi à comment mettre en valeur ces sachets de thé.

Seuls, ils paraissent vulnérables et fragiles,j'ai envie de leur offrir un cocon pour les abriter. J'ai testé deux sortes d'encadrement et diverses couleurs de fond. J'avoue avoir une préférence pour l'encadrement en métal brossé mais en même temps, je me demande si je ne partirais pas sur des cadres en bois fait maison ... Affaire à suivre.

Devant ce tas - encore modeste - de Teabagscape, je me prend à rêver d'une expo où il n'y aurait qu'eux, alignés en rang d'oignons sur un grand linéaire ...

Cette pratique répétitive m'a donné envie de tester d'autres choses, j'ai commencé par tester d'autres qualités d'aquarelles, j'en avais jusque là de très basiques et j'en ai acheté de qualité un peu supérieure pour voir comment elles se comportent. Et aussi, j'ai ajouté du fil dans mes compositions ! Je l'ai fait presque avec un petit frisson. La couture et moi, on a une vieille histoire d'amour qui s'est terminée abruptement il y a presque deux ans, sans trop que je sache pourquoi. Je cousais tout le temps et quasiment du jour au lendemain, j'ai tout rangé ... Puis, il y a deux jours, j'ai pris du fil et une aiguille et je m'en suis servie pour ajouter de la dimension au sachet en cours ...

En quête, toujours tu seras …

En quête, toujours tu seras …

Derrière cette réflexion un poil "Yodaïenne", il y a l'air de rien, le résumé de toute ma pratique artistique.

Comme je l'ai déjà raconté, je suis arrivée à la peinture par hasard, après une longue période de déprime, il s'est trouvé que l'acrylique est devenue mon radeau à un moment où la tempête grondait fort. Tout ça s'est calmé maintenant, la météo est plus clémente mais le radeau est resté à mes côtés Je m'y embarque toujours, curieuse et ouverte aux surprises que le voyage ne manque jamais de réserver.

D'un autre côté, je suis quelqu'un qui s'ennuie facilement et vite, impossible pour moi de tourner en rond et de répéter inlassablement les mêmes choses, d'où cette idée de quête. En réfléchissant à mon article pendant ma promenade matinale, j'ai un moment pensé au Graal (en terme de quête, c'est un must quand même) mais on n'y est pas du tout. Moi, je cherche sans savoir quoi exactement. Je cherche la surprise, l'étonnement, la découverte fortuite... Je suis à l'affût de nouvelles sensations visuelles ou matérielles, j'observe ce que font les autres, je prends des cours par-ci par-là, pour m'inspirer mais surtout pour réfléchir à comment détourner ces autres techniques, à me les approprier.

Dernièrement, j'ai suivi le cours de Laura Horn, une artiste intuitive australienne dont j'apprécie le travail frais, doux et délicat. Ce cours est majoritairement dédié à la technique du "markmaking" (en français ça donnerait "l'art de faire des traces"), on y trouve une leçon principale où on la suit pendant la création d'une composition, puis deux autres petites leçons où elle approfondit deux techniques.

J'ai bien suivi le cours, j'ai commencé par copier (pour être honnête, je déteste la copie mais il faut bien reconnaître que parfois, elle est nécessaire pour s'approprier une pratique) et j'ai vite dévié comme à mon habitude.

Voici ce que j'ai obtenu de mon premier jet.

J'étais pas mal contente du résultat mais je sentais bien que ça manquait de "moi".

C'est là que mon stock de sachets de thé est entré en scène. J'ai poursuivi mes recherches sur cette nouvelle technique sur ce nouveau support et là, j'ai senti que je me rapprochais d'une expression plus personnelle. Le format m'a contraint à adopter une composition plus minimaliste, et j'ai tout de suite préféré la manière de réagir du sachet de thé au contact de la peinture. Ça me paraissait plus vivant, plus libre que le papier. C'est un support qui favorise davantage la surprise et les accidents, ça oblige à une forme de résilience bienveillante que j'adore ressentir.

La série des "Teabagscapes" (plus ou moins "paysage en sachet de thé") a ainsi vu le jour. J'en suis tellement contente que je les ai rangés dans la catégorie "art" du site, au même titre que les toiles. Je suis actuellement occupée à  chercher quel encadrement pourrait les mettre en valeur, car pour moi, ce sont réellement de minis œuvres.

Mon souhait pour ces Teabascapes, c'est de me tenir à poursuivre leur exploration, qu'aucune lassitude ne vienne enrayer le processus, pourquoi pas tenter de conserver la flamme en le prenant comme une sorte de défi ? Allez, soyons fous, on dit que je vais jusque 100 ! On verra comment ça évoluera comme ça ! A raison d'un par jour, ça pourrait être une belle manière de clôturer ou de commencer la journée ...

Ce besoin recherche et cette curiosité m’emmènent aussi bien sûr vers d'autres horizons que la peinture. C'est pour cela que ponctuellement, vous pouvez voir des assemblages ou de la sculpture et c'est aussi une des raisons pour lesquelles je ne peux pas m'empêcher de ramasser des trucs quand je vais me promener.

On ne sait jamais, ça pourrait toujours servir à quelques chose !

Et vous ? Vous la vivez comment votre pratique créative ? Qu'est-ce qu'elle comble chez vous ?

 

 

Petit rappel

Mon cours gratuit sur la création d'un livre d'artiste est toujours accessible sur inscription à la newsletter, n'hésitez pas à y jeter un œil et à partager le bon plan !

 

Bon allez, c'est pas tout ça, c'est bien beau de papoter mais il faut que je retourne m'immerger dans le montage du prochain cours... On y parlera d'impressions avec la GelliPlate !

La semaine en résumé

La semaine en résumé

J'ai poursuivi - et achevé ! - le tournage du cours à venir sur l'impression à partir de la Gelli Plate (ou d'une plaque de gelée faite maison, ce sera d'ailleurs l'objet d'une des leçons).

Je me retrouve avec un stock conséquent d'impressions, il ne me reste plus qu'à imaginer comment les utiliser.

Et le journal d'artiste dans tout ça ?

J'avoue l'avoir quelque peu délaissé cette semaine, même si deux histoires de jeunes filles sont tout de même venues s'y poser ...

La première nous raconte comment, au détour d'un petit bois, une fillette se prend d'amour pour un troupe de lapins qui passaient par là. Ni une ni deux, elle décrète que les lapins sont les plus mignons animaux qu'il ait jamais existé sur terre.

Ça me fait penser à ma fille qui, plus petite, faisait une fixation sur les lapins et a tenté par tous les moyens de nous faire craquer pour qu'on accepte d'en mettre un en cage chez nous. On n'a jamais cédé, l'idée de l'animal en cage et surtout, soyons pragmatiques, la certitude de devoir s'occuper de sa litière, nous rebutait trop (on ne parlera même pas de la fin des weekends impromptus, comment laisser cette pauvre bête seule sans assistance durant plusieurs jours ?).

Je dois tout de même avouer qu'on a fini par adopter deux gerbilles ... Un peu paradoxal, non ?

La seconde nous rappelle que le courage vient de notre capacité à penser avec notre cœur et d'écouter nos émotions et nos intuitions.

C'est important de se le rappeler de temps à autres, tant de décisions se prennent avec la raison, parfois même contre des ressentis puissants. Moi la première, il m'est arrivé de m'engager dans des emplois ou des actions en sachant de tout mon cœur et de toute mon âme que je faisais une erreur ... Et pourtant, on signe, au nom de cette bonne vieille raison ...

Plus le temps passe et plus j'apprends à faire confiance à ma boussole intérieure, à cette petite voix sage qui ne souhaite que mon bonheur et mon accomplissement personnel.

Et vous, vous en êtes où avec votre petite voix ?

Mais j'ai fais quoi d'autre alors ?

D'accord, j'ai un peu délaissé mon journal mais j'ai quand même créé chaque jour ! C'est juste que j'ai un peu élargi le terrain de jeu à l'abstrait...

J'ai entamé un nouveau travail quotidien, une petite pratique d'une demie heure maximum pour me permettre d'expérimenter de nouvelles pratiques : du petit format papier (en A5), de l'aquarelle, des feutres, des traces diverses, un peu de pastels, d'encres et de ce qui me tombe sous la main au moment où je m'y mets.

C'est un travail sans idée préalable, je dépose des taches sur le papier et je les retravaille jusqu'à parvenir à un résultat que j'estime satisfaisant, c'est sans façon, sans prétention et ça fait un bien fou ! Un peu comme le journal, il n'y a pas de pression car pas d'enjeu, je le fais en écoutant mes sensations, en pleine conscience. J'ai installé cette pratique plutôt en fin de journée, quand la maison s'apaise un peu et j'avoue trouver cela plutôt relaxant de se réserver un petit temps calme comme celui là dans la journée ...

J'ai aussi pris le temps de m'émerveiller de petites choses et j'en partage une avec vous. Un trèfle papillon (oxalys) qui habite dans mon salon a produit une fleur-feuille en forme de cœur ... Je pense que je la ferai sécher pour la garder à mes côtés quand elle commencera à péricliter 💗

Le tour d’horizon de la semaine …

Le tour d’horizon de la semaine …

A une semaine du lancement de mon mini cours gratuit, je suis heureuse et reconnaissante de l’accueil qui lui a été réservé. Quelques dizaines de personnes se sont inscrites pour y accéder et les retours très positifs m'ont donné des ailes pour débuter le tournage du prochain cours dans la foulée !

 

Après une semaine bien chargée et un week end familial festif et intensif, j'ai rallumé la caméra et me suis remise au travail.

Un nouveau cours en préparation ?

Oui !

Cette fois, il s'agira de créer de jolis papiers qu'on pourra utiliser pour fabriquer un journal d'artiste ou pour ajouter en collage dans des projets annexes.

Ces papiers seront imprimés à l'aide d'une Gelli Plate et le cours portera sur l'utilisation et l'entretien de celle-ci, sur les divers matériaux qui vont nous permettre de créer de superbes impressions, il y aura des trucs, des astuces et même deux façons de faire sa propre Gelli Plate !

Vous verrez que c'est un outil assez fantastique, avec des possibilités infinies qui nous motive à trouver sans cesse de nouvelles techniques. Avec cette plaque, c'est bien simple, on fini par regarder les objets du quotidien en se demandant ce que ça donnerait si on s'en servait pour faire des impressions...

Et sinon ?

J'ai commencé à travailler dans mon journal d'artiste fait maison ! Il est bien parti pour être peuplé de petites créatures enfantines et d'histoires à dormir debout ...
J'aime beaucoup ce style de dessin naïf et simpliste, on peut véhiculer beaucoup d'émotions dans ces traits apparemment maladroits, de grandes histoires se forment en quelques coups de pinceaux ou de crayons. J'adore cette liberté offerte par le format du journal et par le fait de me sentir détendue par rapport à une forme "d'obligation de résultat". La pression est moindre dans le journal, on laisse venir l'inspiration comme elle veut (on peut l'aider avec des contraintes aussi !), on pioche au hasard dans le matériel qu'on a sous la main pour créer, couche après couche, une petite histoire pleine d'esprit et de sagesse ...
Travailler dans le journal m'autorise à mélanger plus librement les différents matériaux dont je dispose, autant je n'ai jamais "osé" (ou pensé, ou imaginé) mélanger du pastel gras à l'acrylique sur une toile autant dans mon journal, tout ça cohabite gaiement, et j'y ajoute encore plein d'autres choses.
Il y a fort à parier que je filmerai tout ça un jour pour un cours de journal d'artiste où on fera la part belle à l'enfant qui sommeille en nous 💜

J'ai failli oublier !

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous cette courte vidéo de Grumpy, notre "chat de jardin" (qui devient de plus en plus un chat de salon !) qui adore boire l'eau des poissons ...

Teasing !

Teasing !

Impossible de résister à l'envie de vous montrer quelques images du cours à venir !

Le film est dans la boite, le montage avance bon train et tout cela devrait être prêt très bientôt.

Can not resist the urge to show you some pictures of the upcoming course !

The film is in the box, editing is progressing well and all this should be ready very soon. Oh, wait a minute, I have to translate it in english too, whoops, I didn't practise english speaking for a while so I think that my accent is going to be a little bit dusty ... Well, I'm trying to do my best, I'm sure you'll be kind to my poor accent...

 

Ce cours, outre les techniques présentées a pour vocation de vous inviter à vous donner rendez-vous avec votre moi créateur et d'entamer un pas de deux en sa compagnie.

This course, in addition to the techniques presented is intended to invite you to meet you with your creative self and start dancing with him.

Un groupe privé Facebook sera ouvert en parallèle de sa parution, je serais ravie de discuter avec vous et de voir le résultat de vos danses créatives !

A private Facebook group will be open in parallel to its release, I would love to chat with you and see the result of your creative dances!

 

Il est temps de sortir la tête du sable (ou de l'eau) !

J'ai depuis toujours tendance à me prendre pour une autruche ... A faire un peu comme si je ne savais pas pour quoi je suis faite, à me cacher derrière des idées raisonnables, à mettre de côté ma vraie nature pour tenter de me conformer à ce que je pense qu'on attend de moi. Ça fait des années que ça dure, comme sans aucun doute pour un bon paquet de personnes. On s'y installe, on s'y complaît, on fini presque par se résigner à vivre ainsi et en définitive, on oublie presque qu'on s'est mis dans cette situation là tout seul (bon, ok, notre éducation nous a aussi beaucoup aidé, mais reste le libre arbitre, non ?).

Ça fait des années que mon corps essaie de me faire comprendre qu'un travail à peine alimentaire n'est pas épanouissant, que subir une hiérarchie est contre ma nature profonde et que si je veux fleurir, il faut que je crée et que je partage.
Jusque là, j'avoue avoir bien géré ma sourde oreille, j'ai méticuleusement repoussé toute velléité de prendre mon envol et les rares fois où j'ai eu l'audace de tenter le coup, ça a donné quelque chose du genre : "Hein quoi ? Etre indépendante ? Oh oui bien sûr, allez hop, je me lance ! Pour me saboter dans les 3 mois et ensuite m'entendre dire par cette vilaine petite voix intérieure - T'as vu, je te l'avais bien dit que ça ne marcherait pas !"

En septembre dernier, j'ai décroché un contrat pour un énième poste bof (moins bof que les autres mais bon, bof quand même, faut être honnête), un mois après la signature, je me faisais opérer d'un canal carpien de la main droite. Banal, opération super maîtrisée, sans surprise et crac, ça n'a pas loupé, l'occasion était trop belle, mon corps a frappé fort ! Impossible de récupérer suite à cette opération, une belle algodystrophie s'est installée, immobilisant mon bras droit, surtout la main. Inconcevable de retourner travailler, un arrêt de travail estimé entre 1 à 2 ans (!!!), adieu veaux, vaches, cochons. Je vous passe la phase d'incrédulité puis de déprime. J'étais coincée à la maison, sans main droite. Pour une artiste droitière, ça ressemble à une punition ...

Les premiers temps, j'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai testé des trucs de la main gauche ...

Mais très vite, il faut avouer que ça a perdu de son charme. D'abord parce que je n'aime pas dessiner, puis, parce que les feutres, c'est pas trop mon truc et enfin parce que j'étais frustrée de ne pas pouvoir utiliser de la peinture ET mon autre main et que je suis absolument incompatible avec la notion même de frustration ...

Donc, j'ai testé la peinture à la main gauche, surtout avec des encres acryliques, plus faciles à travailler que la peinture.

Sur un format 20X20, ça faisait la blague, j'en ai quasi retrouvé le moral, j'ai pensé que j'allais pouvoir continuer à créer comme ça. D'un pas léger et guilleret, je suis allée m'acheter une belle toile de 100X100 (mon format préféré après le 20X20), j'ai commencé à travailler dessus et la désillusion était au rendez-vous, sur une telle taille, la main gauche seule, c'est pas jouable. J'ai un peu perdu pied, entre la douleur, les perspectives de récupérations super lente et la prise de conscience que pour la peinture, ça allait être vraiment compliqué, j'ai baissé les bras et la morosité a entamé son travail de sape. Oh, j'ai bien "bidouillé" un peu - remarquez comment quand le moral baisse, le travail devient bidouille, comme si il perdait de sa valeur ...

C'était pas mal pourtant, mais sur le moment, je regardais mon travail avec une moue insatisfaite, j'aurais collé des gommettes que ça m'aurait fait le même effet. Heureusement, le plaisir pendant la création était présent. Bien sûr, je pestais contre ma main rétive, je la trouvais moche et empotée, elle me faisait horreur. A vrai dire, je me sentais trahie par mon outil de travail et ça me faisait mal dedans.

Des mois ont passé et j'en ai eu assez de faire mon Caliméro, c'est bien de s'écouter mais, faut aller de l'avant aussi. Ces mois d'auto complaisance ont sans doute été nécessaires pour me permettre de grandir et de reprendre confiance, j'en ai profité pour marcher un nombre incalculable de kilomètres, pour râler à qui mieux mieux, pour découvrir qu'une main gauche, c'est plein de ressources aussi.

Puis, un peu en douce de la kiné et du médecin, j'ai recommencé à me servir raisonnablement de ma main. Je pourrais vous parler une heure de la joie incroyable que j'ai ressenti quand j'ai passé la serpillière dans la maison pour la première fois depuis l'opération. C'est sans doute bête, mais je crois que c'est là que j'ai repris le contrôle de la situation. Ce petit épisode de ménage, je l'ai payé de trois jours de douleurs mais il m'a fait gagner 6 mois de récupération, j'en suis sûre. Le corps médical m'a un peu grondé (haaa j'adore qu'on m'infatilise) mais rien ne pourrait enrayer la détermination d'une belgo-bretonne, et il se trouve que la période d’apitoiement était finie !

Petit à petit, j'ai recommencé à peindre, j'ai fini cette grande toile de 100X100 qui m'avait fait pleurer quelques temps auparavant, même que j'étais vraiment contente du résultat ...

J'ai entrepris de changer mon mode de relation à moi-même, de critique, je suis devenue bienveillante et ça change tout ! La bienveillance envers soi-même permet d'accepter les petites imperfections qui font notre charme. Quand on y réfléchi, c'est quand même dingue de se réjouir des imperfections de son travail et en parallèle de se dévaloriser complètement sur les siennes propres. A bien y repenser, une imperfection, c'est la promesse d'une expérimentation, d'une recherche et d'une histoire, on devrait plutôt la saisir comme une opportunité d'aller de l'avant ...

Tous ces aménagements et réflexions m'ont conduit à repenser mon rapport au monde du travail en général et à mes aspirations personnelles en particulier. J'ai sauté le pas et suis devenue artiste professionnelle, je peux désormais dire, penser, admettre, accepter que oui, je suis une artiste ! Haaaa ! Soulagement, c'est enfin officiel (sisi, j'ai un papier qui dit que) !

Puis aussi, puisque c'est dans ma nature profonde, je me donne la permission de transmettre ce que je sais faire, une vraie révolution ! Pour fêter ça, j'ai filmé mon premier mini cours, il est actuellement en phase de montage. Youpi !

Et cette main alors ?

Ha ! Cette fameuse main !

Aujourd’hui, les douleurs ne sont plus constantes mais seulement quand j'exagère (ce qui arrive, je n'ai pas réglé mon problème d'intolérance à la frustration) ...

Je peux la fermer (sans serrer), l'ouvrir presque entièrement. Je la trouve moins moche ! Je ne peux pas tourner, visser, dévisser, le poignet reste quasi fixe mais je peux manipuler des objets, me servir de mon couteau de la main droite et ma dextérité revient doucement. Je  ne peux pas conduire, ni me brosser les dents (vive la brosse à dents électrique !), soulever un verre plein avec cette main m'expose à le laisser tomber le plus souvent (tout dépend de son poids). Par contre, j'ai adapté ma manière de cuisiner, j'ai trouvé tout un tas de trucs pour le quotidien. Je peux peindre avec les doigts sur des surfaces horizontales (pas en vertical à cause du poignet fixe et de l'ouverture encore limitée des doigts), je peux manipuler des bandes plâtrées (et faire plein d'imperfections grâce à ma dextérité vacillante, chouette !) et du plâtre. Je peux écrire (à condition d'avoir un stylo qui glisse bien et sur lequel il ne faut pas appuyer).

Les plus et les moins sont assez équilibrés, j'en ai fini avec la déprime, je regarde devant moi et je me dis que c'est une chance de pouvoir le faire. Grâce à ma main, j'ai découvert la bienveillance, j'ai compris que j'étais pleine de ressource et d'ingéniosité et que mon corps (esprit compris), même s'il me lâche parfois, reste mon plus bel outil, qu'il m'incombe d'en prendre soin pour le préserver. Il mérite mon respect et mon attention, il a le droit d'exprimer ce pour quoi il est fait et il me revient de l'écouter et d'avancer vers là où il se sentira en harmonie.

C'est arrivé comme une évidence, mais toutes ces péripéties m'ont fait comprendre que ma mission, c'est de transmettre ce besoin de bienveillance envers soi-même. Et quelle plus belle manière de l'apprendre qu'en créant ? Je sais que dans les temps à venir, je proposerai des ateliers (en ligne et en présentiel) pour accompagner d'autres dans cette acceptation et cette célébration de soi.

Au diable les barrières et les bâtons dans les roues qu'on s'impose soi-même, il est temps de reprendre le contrôle et d'enfin célébrer les belles personnes que nous sommes ! 

Vernissage à l’ArTpenteur

Vernissage à l’ArTpenteur

Vendredi dernier a eu lieu le vernissage de notre exposition commune, à Nadine Kerebel et moi à l'ArTpenteur de Saint Renan.

Ce fut un moment de grande intensité pour moi, une première "vraie" exposition en galerie et non en collectif ou en salon, ça remue son artiste, vous pouvez me croire.

Au menu, il y a eu de très belles rencontres et des visiteurs qui ressentaient ce que j'avais voulu exprimer sur la toile, même si ces sensations ne sont pas traduites visuellement, il semble qu'elles passent bel et bien ... C'est là qu'on est forcé d'accepter que l'art, c'est un peu de la magie.

Je pense particulièrement à deux personnes avec qui j'ai discuté et qui étaient un peu frustrées de ne pas pouvoir déchiffrer tout ce qui est écrit sur cette toile :

Je les ai questionné sur ce qu'ils éprouvaient face à la toile et leur réponse m'a permis de les rassurer. Aucun problème, le message, qu'il soit écrit ou infusé dans cette toile était bel et bien passé...

Comment ça "un discours" ?

En bonne artiste débutante dans les mondanités, je n'avais absolument pas imaginé une seconde que j'allais avoir  à me plier à la discipline du discours, ça a été une autre surprise de la soirée.

Au final, mon petit mot n'était peut être pas très construit mais il a le mérite d'avoir été sincère ... Je pense même m'en être tirée pas trop mal, avec une petite explication de la découverte que représente chaque nouvelle toile pour moi. Ça a rendu les gens encore plus curieux, souvent, on pense que l'artiste a un plan en amont de débuter son travail, pour moi, il n'en est rien, l'ensemble se dévoile en cours d'élaboration.

Les journalistes étaient présents pour en savoir plus sur nos travaux et faire quelques photos pour les articles à venir.

Au final, ce fut une vraiment belle soirée, une de celles qui vous font penser que vous avez le droit de vous sentir à votre place dans votre peau d'artiste.

Cela reste assez compliqué pour moi d'admettre une certaine légitimité dans ce rôle, je traîne comme une vieille culpabilité de ne pas avoir fait d'école pour avoir droit à l'étiquette ...

Et en même temps, est-ce que l'étiquette fait l'habit ? Je n'en suis pas sûre, encore moins depuis que je montre mon travail et que je reçois le retour des gens. Il me faut reconnaître mes toiles font du bien à certaines personnes, qu'elles leur parle et leur raconte des choses sur elles, qu'elles pansent parfois certaines blessures et redonnent de l'envie ou de l'espoir pour la suite.